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théâtre du vieux terrebonne


Ce projet, lauréat d’un concours d’architecture choisi parmi les 5 projets finalistes, affirme sa présence et joue, à l’échelle du site et de la communauté, le rôle d’incubateur social. Le bâti se veut une manifestation concrète de notre appétence inavouée de collectivité. Pour se faire, le projet propose une scénographie où tous les espaces s’orchestrent afin de promouvoir cette vocation civique et culturelle du théâtre. Le projet élabore une fiction narrative en succession de mises en scène pour le bénéfice du promeneur solitaire du parc autant que pour le rassemblement des foules de la place publique. Analogique à l’expérience du théâtre même, le projet proposé se matérialise dans des formes et des éléments qui ont un impact sur l’oeil, l’intellectuel, le corps, la mémoire et les associations d’idées. L’expérience du lieu se veut une extension de la fiction théâtrale.

L’ensemble théâtral proposé rassemble trois composantes principales: la place publique, la salle de spectacles proprement dite et l’amphithéâtre naturel. Délimitant la frontière est du parc, le nouveau théâtre du Vieux-Terrebonne apparaît comme un monolithe percé de jardins clos. Ces jardins sont le liant du projet. Leur espace est à la fois paysage sans horizon et pièces sans plafond. Les jardins ont pour fonction d’amplifier l’encombrement du théâtre même en augmentant la population réelle à l’intérieur avec celle de la présence fortuite des passants du parc et de la place publique. Tout en préservant l’autonomie fonctionnelle de la salle de spectacles, ces jardins permettent de multiplier l’événement théâtral au-delà des limites de la salle de spectacles. L’enveloppe putative de la salle de spectacles est remise en question alors que ses activités théâtrales intérieures et extérieures se confondent.

Espace le plus urbain du parc, la place publique et son boisé de magnolias, adjacent à la rue St-Pierre, sont le parvis du nouveau théâtre. Au moment où la population y déferle les soirs de spectacles, on aperçoit, projeté sur la façade principale du théâtre, leur passage à travers l’embrasure du bâtiment. Le spectacle commence dès la place publique. Le café, qui s’y situe, offre la première loge sur cette façade transformée en mémoire vivante de l’événement théâtral.

Traversé par la rampe ascendante du jardin télescopique qui culmine sur la rivière des Milles-Îles, le nouveau théâtre s’organise le long de ce parcours public qui est à la fois l’entrée du théâtre et celle du parc. Ainsi scindé en deux, on retrouve d’une part l’écrin de bois de la salle de spectacles et d’autres part, les fonctions administratives et les loges qui s’ouvrent sur le parc. Le foyer supérieur offre une vue panoramique à la fois sur le paysage riverain et sur la ville. Lieux de confluence, la grande transparence et perméabilité du foyer permettent une interaction visuelle et spatiale continue entre les différentes constituantes du programme et la sérénité du parc. Accédé à partir du grand escalier, l’espace du foyer supérieur se déploie sur le feuillage du petit boisé de Magnolias. D’ici, «l’allée des v.i.p» qui cisaille la grande rampe extérieure relie les corbeilles au salon v.i.p. Ce salon surplombe les grandes vagues de verdure de l’amphithéâtre naturel et offre une vue panoramique privilégiée sur la rivière des Milles-Îles.

Projet réalisé en consortium :
Manon Asselin architecte | Jodoin Lamarre Pratte et associés architectes en consortium


Dates de réalisation : 2003 à 2006

superficie : 2 630m2

budget : 8 M$

membres de l'équipe : Marc Laurendeau, Jean Martin

implication : concours, plans et devis, surveillance

théâtre du vieux terrebonne

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